La parité à Nouvelle Donne : de la théorie à la pratique

Parité CC hommes

Au mois de janvier, Nouvelle Donne va choisir une partie de ses nouvelles équipes dirigeantes : la moitié du Conseil citoyen et le Bureau national. La seconde moitié du Conseil citoyen et les autres instances seront renouvelées rapidement après. Et, comme le prévoient ses statuts fraichement adoptés, ce parti résolument progressiste va se doter d’organes strictement paritaires.

La parité, c’est un élément important, essentiel même, dans le combat pour améliorer la place et le rôle des femmes dans la société en générale, et en politique en particulier. Mais, seul, sans accompagnement, cet outil ne permettra pas d’atteindre l’objectif ultime qui consiste à permettre aux femmes de réellement choisir de faire ou non de la politique, d’exercer ou non des responsabilités dans ce domaine. La parité n’est pas une fin en soi.

A la faculté de droit, on apprend très tôt que la plupart du temps les lois suivent les évolutions de la société, et non l’inverse. Dans de très rares cas, toutefois, c’est le contraire qui se produit. Alors, la situation est beaucoup plus complexe : il s’agit de faire en sorte que la société évolue, s’adapte, suive la loi nouvelle. Avec la parité, qu’elle soit légale ou statutaire, c’est exactement le schéma dans lequel nous nous trouvons : la règle est posée, mais l’habitude est loin d’être ancrée dans les mœurs. Il est dès lors de la responsabilité des organisations convaincues par sa nécessité de se donner les moyens de son application et de sa concrétisation. Nouvelle Donne a pris position, elle doit maintenant tout mettre en œuvre pour faire de l’amélioration du rôle des femmes dans le parti une réalité, et plus qu’une réalité, une réussite.

Avant même l’adoption de statuts imposant la parité dans les instances, Nouvelle Donne avait déjà fait preuve d’ingéniosité pour la mettre en œuvre : en Île-de-France, par exemple, certains comités locaux sont pilotés par des quadrinômes paritaires renouvelés régulièrement par moitié. Le fait d’être nombreux à assumer des responsabilités, et d’avoir l’assurance d’un tuilage, a permis de rassurer des adhérentes hésitantes qui se sont finalement décidées, faisant ainsi de la parité une réalité. Dans le cadre du renouvellement des instances, l’initiative AdhérentEs ND en campagne a été lancée pour inciter, rassurer, discuter autour de la question des candidatures aux instances. Une initiative récemment saluée dans un article du journal féministe en ligne Les Nouvelles News. Mais même à Nouvelle Donne, beaucoup reste à faire pour ne pas tomber dans les écueils classiques…

La place des femmes aujourd’hui à Nouvelle Donne

Au Conseil national, on compte neuf femmes sur les vingt membres, mais s’agissant du Bureau on tombe à un tiers de femmes (quatre sur douze), quant aux permanents salariés, ce sont quatre hommes. Par ailleurs, certains pôles, comme le pôle trésorerie – fonctions traditionnellement masculines, liées au pouvoir –, sont exclusivement composés d’hommes. Les manifestations d’intérêt dans le cadre d’appels à compétences sont également parlantes : trente femmes et quarante-et-un hommes ont présenté leur candidature pour faire partie du cercle des conciliateurs, soit respectivement 42 % et 58 % ; pour l’équipe des adhérents-architectes seules douze femmes ont répondu, soit 20 % des candidatures. La parité n’est atteinte dans aucun des cas, mais il est intéressant de noter que la différence est moins grande lorsqu’il s’agit des rapports humains que lorsque l’on touche à la construction du parti. La question de ce qu’on a appelé la parité globale des têtes de liste pour les élections européennes de mai 2014 est particulièrement sensible, puisque seules deux femmes étaient têtes de liste parmi les sept présentées par Nouvelle Donne. Enfin, de manière plus insidieuse, la composition des tables rondes organisées lors des Journées d’été 2014 doit également nous faire réfléchir : 25 % seulement des intervenants étaient des femmes, et certaines tables rondes étaient entièrement masculines.

Cette répartition déséquilibrée ne correspond pas à un manque de volonté de la part des adhérentes. C’est le reflet d’une situation que l’on retrouve fréquemment à l’échelle de la société, et qui est encore plus criante dans les partis politiques. Les femmes, à Nouvelle Donne comme ailleurs, ont souvent tendance à sous-estimer leurs capacités à remplir des fonctions, à exercer des responsabilités, elles se posent à la moindre action la question de leur légitimité, anticipent leur échec. Rares sont les hommes qui ont ce genre de scrupules. Nouvelle Donne l’a affirmé dès ses débuts : la politique ne doit pas être réservée à quelques uns. Ici je recentrerai le message : la politique n’est pas réservée aux hommes ! Femmes, citoyennes, adhérentes de Nouvelle Donne, la société a besoin de vous, le parti n’attend que vous !

Heureusement, ce ne sont pas les moyens qui manquent, pour faire évoluer cette situation : campagnes d’incitation aux candidatures féminines internes et externes ; campagnes de sensibilisation à la question ; formations pour tous, à la politique d’une part, aux attitudes et à la communication non discriminantes d’autre part ; mise en place systématique de tuilage ; accompagnement ; généralisation des binômes paritaires ; rédaction non discriminante des appels à compétences et à candidatures ; prise en considération des modes et rythmes de vie dans l’organisation des événements militants… Il suffit d’un peu de bonne volonté !

Quand j’ai commencé à militer à Nouvelle Donne, je n’y connaissais rien, une véritable néophyte : je n’avais jamais mis les pieds dans un parti, ne connaissais aucun militant autour de moi, croyais fermement que ce milieu était inaccessible à toute personne de moins de cinquante ans… J’ai pourtant tenté ma chance, déterminée, et je ne suis pas déçue du voyage. Ça n’a pas toujours été facile, les réactions sexistes inconscientes existent bel et bien, même à Nouvelle Donne. Je me souviens par exemple de ce Conseil national où j’avais émis une proposition. Personne n’avait relevé, la parole était passée à d’autres membres, jusqu’à ce qu’un homme d’âge mûr formule la même idée, propose à un autre homme de s’emparer du dossier avec lui, soudain le projet prenait forme ! J’observais la scène, muette. Je n’ai compris qu’un peu plus tard la teneur de ce qui venait de se passer. Mais, soutenue, j’ai malgré cela intégré l’équipe, et la collaboration s’est très bien déroulée, dans le respect mutuel. Pas évident, donc, mais pas impossible. Et, surtout, les choses évoluent, et plus nous serons de femmes dans les instances des partis, plus elles changeront, dans la bonne direction, plus cela sera facile, naturel.

Alors, chères adhérentes, n’hésitez pas, n’attendez plus, fermez les yeux et franchissez le cap : déposez votre candidature au poste qui vous plaît, pour décider de l’avenir de notre parti, pour forger, ensemble, l’avenir de notre pays.

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