« Loi sur les gifles » en Russie : sommes-nous tombés dans un piège ?

photo-loi-sur-les-gifles

Le 7 février 2017 Vladimir Poutine a promulgué une nouvelle loi concernant les violences intrafamiliales, décrites par les médias français comme « dépénalisant » les violences domestiques. Que dit exactement ce nouveau texte, quels changements apporte-t-il ? Quelles sont les conséquences et quel est le poids du contexte politique en Russie ? Pourquoi en a-t-on tant parlé en France ? Et pour commencer, que dit la législation française à ce sujet ?

Selon le code pénal, les violences n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail (ITT) commises par un parent ou par un conjoint ou ex-conjoint sont passibles de trois ans d’emprisonnement et de 45000 € d’amende. En pratique ces violences sans ITT non répétées ne sont que rarement  dénoncées et a fortiori jugées. En revanche elles seront prises en compte dans un jugement pour violences domestiques répétées.

Une grande victoire du mouvement féministe est que le droit français distingue les violences avec ou sans ITT par un conjoint ou ancien conjoint, des violences dites classiques. Ainsi, l’État reconnaît le caractère systémique et culturel des violences faites aux femmes, leur dimension particulière d’un point de vue psychologique et sociologique, et l’importance de la protection des victimes, particulièrement vulnérables. Enfin la loi française distingue les violences conjugales et les violences dites éducatives.

Jusqu’à l’été 2016, la législation russe ne prenait pas en compte les relations entre auteurs et victimes pour qualifier les infractions et déterminer les sanctions applicables. Les violences, y compris celles n’ayant pas entraîné de séquelles, relevaient du droit pénal et les sanctions pouvaient être assez élevées. Le 3 juillet 2016 la Douma a adopté une loi dépénalisant les violences n’ayant pas entraîné de séquelles, qui relevaient dès lors du droit administratif, ce que l’on pourrait comparer aux contraventions en droit français. Cependant, les violences fondées sur certains motifs (idéologique, religieux, racial…) ainsi que les violences entre proches, faisaient exception et étaient maintenues dans le Code pénal. Ainsi de facto pour la première fois en Russie les relations particulières entre auteur et victime constituaient une circonstance aggravante. Les féministes russes avaient vu là une avancée, de facto, vers une reconnaissance par le droit russe du caractère systémique des violences domestiques.

Lire la suite »

Russie : la « loi sur les gifles », une menace pour les femmes battues

En Russie, les violences domestiques sont en passe d’être dépénalisées. Le 25 janvier, les députés ont approuvé à une écrasante majorité un projet de loi prévoyant un allègement des peines en cas de violence domestique. Les partisans du texte, surnommé « loi sur les gifles », disent vouloir ainsi préserver le droit des parents à punir leurs enfants et réduire la capacité de l’État à se mêler de la vie familiale. Mais les organisations féministes y voient un encouragement aux mauvais traitements.

J’étais l’invitée de l’émission Focus de France 24 le 26 janvier.

Interview France 24 Focus

In English: interview France 24 Focus

La Moldavie : marionnette de l’Union européenne et de la Russie

Moldavie Carte

La Moldavie, ce si petit pays, le « pays le plus pauvre d’Europe », et ses habitants – ceux qui ont depuis quelques mois enfin obtenu le sacré Graal, le droit de se rendre dans l’espace Schengen sans visa, mais ne sont tout de même pas des membres à part entière du paradis de la démocratie et des droits de l’homme – sont les marionnettes et le terrain de jeu des puissants du continent, l’Union européenne et la Russie, qui au lieu de promouvoir des valeurs communes, la culture européenne, et d’éviter l’avènement d’une société de consommation à tout crin, préfèrent se battre « pour » leur « voisinage commun ». La Moldavie, cet État inaperçu, est une Ukraine miniature en devenir si les relations des uns avec les autres ne sont pas bientôt redéfinies.

À l’occasion des élections locales des 14 et 28 juin, j’ai passé un mois et demi en Moldavie. J’ai rencontré toutes sortes de gens, et parcouru des kilomètres et des kilomètres, dans la partie centrale du pays, qui s’étend d’Est en Ouest. La Moldavie est une des quinze républiques d’URSS qui ont pris leur indépendance en 1991. Ce petit pays s’étendant du Nord au Sud, coincé entre la Roumanie et l’Ukraine, privé, malgré une grande proximité, d’accès à la mer Noire, vit, depuis lors, une histoire agitée.

Lire la suite »

Crise des réfugiés en Europe, déplacés internes en Ukraine : état des lieux et solutions

Почему миграцией не является проблема и какие она вызовы вызывает для Евросоюза? Что украинское государство может и должно делать, чтобы помочь перемещенным из-за войны лицам?

Pourquoi la migration n’est pas un problème, et quels défis pose-t-elle pour l’Union européenne ? Why migration is not a problem, and what challenges does it constitute for the EU?

Позавчера украинский канал Громадксое (Hromadske TV) взял у меня интервью о всё ухудшающей ситуацией беженцев в Европе и оВнутренне Перемещенных Лицах в Украине.

Porte-parole de Nouvelle Donne : pourquoi je quitte le parti et quelles perspectives citoyennes pour demain

J’ai adhéré à Nouvelle Donne fin 2013. C’était mon premier engagement dans un parti, porté par l’espoir de modifier le cours des choses, de rendre notre société meilleure. Grâce à un espace nouveau, innovant, unique, à même de rassembler des énergies citoyennes. L’espoir de mettre en œuvre des propositions concrètes et efficaces pour en finir avec la crise.

Aujourd’hui c’est précisément cet espoir qui fait défaut. Nous pouvons bien sûr toujours changer le monde, Podemos et Syriza sont là pour nous le rappeler. Je suis malheureusement désormais convaincue que ce n’est pas Nouvelle Donne qui parviendra pas à insuffler le changement.

Mes tentatives, aux côtés de beaucoup d’autres militant.e.s, de participer à la définition de notre cap, ont été nombreuses, dynamiques, sincères. Et toujours vaines.

Lire la suite »

Des Mistral gagnants pour la paix dans le monde

« D’un petit malheur, naît souvent un grand bienfait. » Et si l’Europe profitait de l’occasion entrouverte par la dénonciation de l’accord de vente des Mistral français à la Russie pour relancer l’idée d’une force de défense – au sens de la promotion et du maintien de la paix – commune, européenne, de Paris à Vladivostok ? Et ainsi repenser les relations stratégiques sur tout le continent, au-delà des 28, dans une perspective inclusive ?

Un article co-signé avec Arnault Graves et publié par le Huffington Post, à retrouver ici !